Les Vins Turcs

Buzbag 2008 Klasik

En ce Jeudi-Vin de décembre 2011, nous avons eu la chance de découvrir les vins turcs, la Turquie étant, doit-on le rappeller, l’un des berceaux de la culture du vin…

BUZBAG (BUZBAG classique KAYRA 2007, 12°)
Ce vin rouge très connu en Turquie, est un mélange de « Oküzgüzü », cépage cultivé dans la région d’Elazig et de Bögazkere, cépage cultivé dans la région de Diyarbakir.
Les sols sont de couleur rouge, composé de sable limoneux, argileux et de gravier, à une hauteur moyenne de 920 mètres.
Le climat près d’Elazig est relativement doux, grâce notamment au barrage du lac Keban.
Ce vin peut vieillir jusqu’à 6, 8 ans et peut être consommé avec des viandes, des pizza à une température de 16, 18°.

Terra 2007

ÖKÜZGÖZÜ (KAYRA TERRA 2008, 12,5°)
Produit à partir des raisins cultivés dans la région d’Elazig, ce raisin noir a des arômes de fruits rouges (mûr, cerise mûre, framboise) et de violette.
Il a une texture lisse et des saveurs de fruits arrondis sur la palais.
Les sols sont de couleur rouge, composé de sable limoneux, argileux et de gravier, à une hauteur moyenne de 920 mètres.
Le climat près d’Elazig est relativement doux, grâce notamment au barrage du lac Keban.
Il peut être consommé avec des viandes et des fromages à une température de 16, 18° et peut vieillir pendant 6, 8 ans.

Yakut 2010 (Eastern Anatolia)

YAKUT (KAVAKLIDERE 2010 13°)
Ce vin cultivé dans l’est de l’Anatolie est composé de plusieurs cépages, Bogazkere, Ökûzgözû, Carignan et Alicante.
Ce vin rouge sec a une couleur rouge rubis et se caractérise par des arômes de fruits comme la mûr, la cerise, la fraise, griottes, épices et des tanins mûrs.
Il est agréable, corsé et ample en bouche.
C’est le vin rouge préféré des turcs.

Majestik 2009 (mer Egée)

Notes en attente…

Anfora (Kelecik Karasi) 2006

KALECIK KARASI (PAMUKKALE ANFORA 2006 13°)
Ce cépage est cultivé dans la région de KALECIK en Anatolie centrale, mais aussi près de DENIZLI sur le plateau de GÜNAY à une hauteur moyenne de 700 Mètres.
Les sols sont sablonneux, caillouteux, et également argileux.
Ce cépage est célèbre pour son goût unique par son arôme et sa saveur.

Tilsim (beyaz sek saram)

Tilsim KAYRA
Ce vin blanc est produit à partir de plusieurs cépages, l’Emir, le Narince et le Semillon cultivés dans la région d’ürgup, Tokat et de Thrace.
Il a un nez de pomme intensif, de melon et de poire et des arômes de fleurs, d’ananas de mangue et d’orange.

Cankaya 2009 (Central Anatolia)

CANKAYA (KAVAKLIDERE 2009)
Ce vin est produit à partir de deux cépages autochtones, Emir, cultivé dans la région de Nevsehir en Cappadoce et NARINCE cultivé dans la région de Tokat.
Les sols sont volcaniques dans un micro climat du bassin de Kizilmak, à 900 mètres d’altitude.
De couleur jaune pâle, ce vin blanc présente une forte acidité, une minéralité et des arômes de pomme, de citron, de fruits blancs, d’agrumes et de minéraux.
Ce vin vif, à une température de 6, 8°, s’harmonise avec des poissons grillés, des salades de fruits de mer, des pâtes , du poulet grillé et des fromages frais.

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LES VINS TURCS

1. Historique et état des lieux
La Turquie a une superficie de 780 576 km2 pour une population de 75,9 millions d’habitants (à titre de comparaison la métropole française a une superficie de 545 965 km2).
Le vin a été produit en Turquie depuis des millénaires.
Ainsi le plus vieux vin découvert à ce jour date du néolithique et a ses origines en Anatolie orientale.
Les récits bibliques rapportent que Noé a planté un vignoble près de l’endroit où l’arche a atterri. Cette région est présumée être près des Mont Ararat.
L’histoire de la viticulture est très ancienne en Anatolie et plus particulièrement en Cappadoce, notamment sur une période très longue qui va jusqu’à la période de l’empire Hittite (1650- 1200 av JC).
Ces derniers étaient les premiers grands viticulteurs et vignerons de Cappadoce.
Par la suite la Cappadoce a été occupée par les Perses, la viticulture occupant une place spéciale, les premiers chrétiens réfugiés en Cappadoce dans les premiers siècles du christianisme lui donnant une grande importance.
Le vin symbolisait le sang du christ (JC : je suis la vraie vigne et mon père est vigneron).
La viticulture a vécue une époque brillante et atteint son apogée aux 11-12 ème siècles.
L’arrivée des Turcs en Cappadoce n’a pas tellement gêné la production vinicole, les Bektashis (disciples de Haci Bektas Veli) toléraient et même autorisaient la consommation du vin.
Il ne faut pas oublié qu’encore à ce jour les Bektashis boivent du vin, parfois même dans les cérémonies religieuses.
Les Sultans ottomans ont imposé l’interdiction la consommation d’alcool à partir des 16ème et 17èmes siècles, mais cela a eu une influence très limitée sur la production de vinicole en Cappadoce, grâce à la politique de la liberté de pratique religieuse reconnue aux chrétiens.
Mustapha Kemal, fondateur de la république turque en 1923 a rendu légale la viticulture.
Cependant l’échange de population, grecque et turcs musulmans, n’a pas contribué au développement de la viticulture, notamment en Cappadoce.
Le marché du vin était verrouillé par l’Etat et ce n’est que qu’en 2003, avec la privatisation de l’entreprise TEKEL, que le nombre de producteurs a explosé.
90% de la production totale de vin est entre les mains de grands groupes comme MEY (anciennement TEKEL), KAVAKLIDERE, DOLUCCA , KAYRA et PAMUKKALE.
La TURQUIE est le quatrième viticulteur mondial (560 00 hectares de vigne en 1999) mais seulement 3% sont consacrés au vin.
Avec 70 millions de litres de vin produit en 2005 et un taux de croissance de 13% par an, le marché du vin turc est en pleine expansion.
Cependant la religion freine assurément la consommation du vin et les taxes imposées par l’Etat sont élevées.
Le tourisme est un facteur important en tant que demandeur de vin et la Turquie dispose de nombreux atouts notamment des territoires variés et des cépages indigènes qui ont de grandes qualités et des composantes en dehors des standards internationaux.
La consommation de vin en Turquie reste faible, de l’ordre d’un litre par habitant et par an.
2. Régions viticoles et cépages
Avec 600 à 1200 cépages indigènes, il existe de nombreuses options pour faire du vin.
Actuellement, seulement 60 variétés sont cultivées commercialement.
Nous pouvons diviser la Turquie en cinq régions vinicoles (voir carte).
A. La région de la mer MARMARA et THRACE
C’est la région qui se trouve à l’ouest d’Istanbul, entourée par la mer Marmara, la mer noire et la mer Egée, la Grèce et la Bulgarie.

Cette région représente les territoires européens de la Turquie et on y réalise 1/5 de la production des raisins.
La viticulture dans cette région est une activité historique depuis plus de 2000 ans selon les sources historiques et les trouvailles des dernières fouilles archéologiques.
La présence de nombreux centres monastiques et la liberté du commerce des vins reconnus à ces derniers à l’époque Byzantine et Ottomane, ont provoqué le développement de l’industrie vinicole dans la région.
Les principaux centres de la viticulture sont :
. Sarkoy, Mrefte, Hoskoy au bord de la mer noire.
. Uzunkopru et Kirclarel et Edirne près de la frontière grecque et bulgare.
. La péninsule de Gallioli (galibolu en turque) à côté du détroit des Dardanelles.
Dans cette région on cultive des cépages comme le Cabernet Sauvignon, le Chardonnay et le sauvignon blanc.
. les îles MARMARA et Avsa sur la mer Marmara avec le cépage Adakarasi en voie de disparition.
B. La région de la mer Egée.
C’est une grande région qui s’étend du détroit des Dardanelles jusqu’à Bodrum.
La côte égéenne de la Turquie est très accidentée et le climat est assez doux, comparable à celui de la Méditerranée.
Il fait chaud et sec en été et raisonnablement froid et pluvieux en hiver jusqu’au mois d’avril.
Les principaux centres de la viticulture sont :
. La région septentrionale, les environs de l’ancienne ville de Troie (TALAY en Turc) et la petite île de Bozcaada dont le principal cépage est le Karasakiz, qui produit des vins de table moyens.
. La région de Manisa connue pour son raisin sans pépin, le cépage « Sultaniye » qui donnent des raisins blancs aromatiques.
. La région de Cesme et de Seferihisar à côté de Smyrne où on trouve le Misket (Muscat), le Chardonnay en blanc, le carignan le cabernet sauvignon, le Merlot et l’Alicante rouge.
. La région de Denizli avec Pamukkale.
C’est une région avec une altitude moyenne entre 400 et 600 mètre dont les cépages locaux sont le çalkarasi en rouge et le Sultaniye en blanc.
C’est dans cette région que ce situe le lieu de naissance de DIONYSOS, le dieu du vin, selon la mythologie grecque.

C. La région de l’Anatolie centrale
C’est une région avec un climat assez rigoureux en général avec quelques microclimats locaux par secteurs.
L’altitude moyenne est de 1000 mètres, plus en Cappadoce avec une moyenne de 1200 mètres.
Le climat est continental en général avec des écarts de température entre l’hiver et l’été, le jour et la nuit, beaucoup de neige en hiver.
Cette région est assez plate avec le plateau de l’Anatolie centrale.
Les principaux centres de viticulture sont :
. Kalecik près d’Ankara avec le fameux cépage « Kalecik Karasi » provenant des vignobles se trouvant à côté du fleuve rouge ou Kizilirmak en turc.
Avec ce cépage on produit de bons vins rouges.
. Hasandede, le petit village à côté de la ville de Kirikkale avec le cépage blanc de Hasendede.
. La Cappadoce avec une terre volcanique à 1200 mètres d’altitude où est cultivé le cépage blanc « Emir » et le cépage noir « Dimrit » qui produit des vins de table moyens.
4. La région de la mer noire.
C’est une région géographiquement la plus longue, qui va jusqu’à la frontière de la Géorgie, très pluvieuse avec beaucoup de forêts.
Cette région manque d’ensoleillement en général mais il y a cependant dans l’intérieur, à l’est de la ville de Tokat, un cépage blanc de renommé, le « Narince », qui produit de très bons vins secs en monocépage ainsi qu’en coupage avec « l’Emir » de Cappadoce.
Les vins produits avec le « Narince » peuvent vieillir jusqu’à 6 ans, ce qui est assez rare en Turquie.
5. L’est et le sud-est de la Turquie.
Cette région représente l’extension du plateau anatolien avec des altitudes entre 1000 -1500 mètres et entre 700-1000 mètres au sud-est de la Mésopotamie où coulent le tigre et l’euphrate.
Nous avons deux climats différents, très rigoureux avec des hivers très froids au nord (vers Erzurum, Agri, Kars), une région au climat plus clément au sud avec des vallées creusées entre les chaînes de montagne qui constituent un milieu extrêmement favorable pour la viticulture.
Dans la province de Malatya nous avons la petite ville d’Arapgir qui est un des meilleurs centre de production du cépage « Okuzgozu ».
Au sud-est de l’Anatolie à partir de Diyarbakir, le climat devient encore plus souple, la terre devient alluviale et donc plus fertile près des fleuves le Tigre et l’Euphrate.
Le cépage noir de « Bogazkere » est traité en monocépage ou coupé avec « Okuzgozu ».
Plus au sud vers Gaziantep nous avons le cépage « Horozkarasi » (le noir de coq ») en voie de disparition avec l’industrialisation de la région.
Caractéristiques des principaux cépages indigènes commercialisés
ADAKARASI
Ce cépage est élevé dans l’ile AVSA en mer de MARMARA.
Fort en Tanin, le vin produit à partir de ce raisin, a une belle robe sombre.
BOGAZKERE
Ce cépage rouge est élevé dans les terres rouges et caillouteuses de la région de DIYARBAKIR, mais on le trouve aussi en compagnie du cépage ÖKÜZGÖZU, dans les environs d’ELAZIG.
Les vignes sont cultivées jusqu’à 1300 mètres d’altitude.
Dans ce climat rude, chaud en été et froid en hiver, la vigne donne un raisin petit mais fort en Tanin, à la belle robe sombre.
Le vin obtenu est trop âpre et trop puissant pour être utilisé seul et il est bien souvent associé au cépage ÖGÜZGÖZU.
Ce vin, long en bouche, peut vieillir et est caractérisé par des arômes de fruit rouge et d’épices.
ÖKÜZGÖZU
Ce cépage élevé dans la région d’ELAZIG donne un raisin noir connu comme l’un des meilleurs de Turquie.
Il donne un vin léger en tanin.
CALKARASI
Elevé à 1200 mètres dans la région de DENIZLI, ce cépage donne un vin rosé.
Ce raisin rouge rend un liquide juteux, pauvre en couleur mais fort en chair.
C’est un vin de bonne acidité, à la saveur fruitée.
EMIR
Elevé aux environs de Nevsehir, Kirsheir, Kayseri et Nigde, ce raisin blanc, juteux produit un vin blanc sec, légèrement aromatique, à la couleur vert-jaune où jaune pâle.
NARINCE
Ce cépage est originaire d’Anatolie dans la région de TOKAT.
C’est une région de transition entre la mer noire et un climat continental.
Le sol est composé d’argile et de sable avec quelques cailloux.
Le vin produit est caractérisé par des arômes d’agrumes (orange, pamplemousse, citron), la poire, minéral (calcaire terreux) et foraux (fleurs blanches).
KALECIK KARASI
Ce cépage originaire de Kalecik (petit château), cultivé sur des terres volcaniques, sablonneuses et caillouteuses, donne un raisin rouge-noir qui est très apprécié en Turquie et donne un vin au gôut unique.
Il est également cultivé dans la région de DENIZLI.
Ce vin possède une belle robe rubis, aux arômes de fruits rouges, de vanille et de cacao.
C’est un vin frais, élégant pouvant être gardé plusieurs années.

2. Les producteurs
La privatisation de l’entreprise TEKEL en 2003 a marqué un véritable tournant dans le renouveau viticole de la Turquie.
A côté de la nouvelle entreprise « MEY », d’autres producteurs se sont affirmés, tels KAVALIDERE, DOLUCA, KEYRA et PAMUKKALE.
KAVAKLIDERE dont le siège est situé dans la région d’ANKARA, est une entreprise familiale crée en 1929 et qui possède 550 hectares de vignes, la plupart dans la région d’ANKARA, en Cappadoce, prés de la mer Egée (Kemaliye) et d’Elazig.
Cette société conseillée par un français, Jean-Luc Colin, produit 45 vins différents avec 7 niveaux de qualités.
Cette société, plutôt que d’introduire des cépages français, a eu la volonté de remettre en valeur les cépages autochtones, comme le Kalecik Karasi en Anatolie ou l’Emir en Cappadoce.
Elle a les techniques de vinification française, le savoir faire en matière de culture des vins et le choix des terroirs.
L’entreprise DOLUCA, vieille de plus de 80 ans, a son siège en THRACE et possède 350 hectares de vignes dans diverses parties de la TURQUIE.
Elle a privilégié, pour la fabrication de ses vins, du couplage de cépages locaux avec des cépages internationaux.
KARMA, par exemple est un assemblage de Merlot et de Bogaskere.
La société KAYRA , crée en 2004, appartient à un groupe américain et produit des vins de qualité, notamment dans la gamma « TERRA »
Elle a remis en valeur le vin « BUZBAG » un mélange de deux cépages indigènes, le « BOGASKERE » et « OKÜGÖZU »
L’entreprise PAMUKKALE, située près de DENIZLI, a été fondé en 1962 et produit 40 000 hectolitre de vin sous la direction de Yasin TOPAK.
Elle fabrique son vin à partir des cépages d’Anatolie et exporte 30% de sa production en Europe (Pays bas, Danemark, Autriche et surtout Allemagne).

3. Les vins turcs
Les rendements sont faibles (20 à 30 hectolitres à l’hectare) et les conditions de la culture, parfois difficiles.
Ainsi en Cappadoce, avec des hivers très rudes (-20 à -25°), les cèpes locaux résistent à ce froid, mais les cépages occidentaux (le chardonnay par exemple) doivent être enterrés, pour les protéger du gel.

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6 commentaires
  1. Surprenants vins turcs, une très belle dégustation sans taches, bravo !

  2. Bravo pour l’exposé complet et instructif, ça met la pression maximum…

  3. Pascal a dit:

    Personnellement, j’adore les vins turcs et qui se marient parfaitement avec nos fromages. Ils sont fruités et me rappelent le gout des hauts-beaujolais.

  4. je vis en Turquie depuis maintenant presque 2 ans. Nous arrivons effectivement á trouver des vins Turcs surprenants mais tellement chers. Et étant importatrice de vins moi-même á Frankfurt en Allemagne, cette année et malheureusement avec la politique du Sultan Erdogan , j´ai constaté un fort recul de la présence des exposants de vins turcs sur la foire de Düsseldorf ( la plus grande foire mondiale pour les vins ) au mois de Mars cette année. C´est tellement dommage, tellement triste. malgré tout la consommation de vin augmente, elle reste encore trop marginale, et compte tenu des prix , il est difficile pour une famille ´´moyenne ,, de pouvoir consommer une bouteille facilement.
    mais je ne désespère pas et espère dans un avenir prôche pouvoir importer moi-même une bonne bouteille et la proposer á notre gastronomie allemande.

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